Des chercheurs montréalais en voie de trouver de nouveaux traitements anticancéreux

(Publié le 20 mars dans le journal Le Devoir)

Source: Université de Montréal

Source: Université de Montréal

LAURA PELLETIER

Des chercheurs montréalais ont trouvé le moyen de piéger les cellules souches leucémiques pour pouvoir mieux les étudier. Cette découverte révolutionnera la recherche sur le cancer du sang.

Le Groupe de recherche Leucégène, codirigé par le Dr Guy Sauvageau, de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC), la Dre Josée Hébert, directrice de la Banque de cellules leucémique du Québec, et Sébastien Lemieux, chercheur à l’IRIC, a identifié deux nouveaux composés chimiques qui permettent de maintenir en vie des cellules souches leucémiques durant au moins sept jours lorsqu’elles sont cultivées à l’extérieur du corps humain.

« Au lieu de trouver des composés qui tuent les cellules plus vite, on a voulu trouver un antimédicament qui les empêche de mourir, pour pouvoir les étudier », a expliqué le bio-informaticien Sébastien Lemieux au Devoir.

Les cellules souches leucémiques étaient très difficiles à examiner, car elles perdent rapidement leur caractère initial une fois sorties du corps humain. Les chercheurs étaient donc contraints d’étudier une cellule ayant évolué.

Réduire les effets secondaires

En étudiant une cellule leucémique qui se rapproche davantage de celle que l’on retrouve au sein du corps humain, les chercheurs pourront développer des médicaments « plus efficaces », indique M. Lemieux.

« On ne peut pas extrapoler sur ce qui va se passer dans l’humain, mais les effets secondaires qu’on aurait vus avant risquent d’être minimisés », renchérit le Dr Borhane Annabi, titulaire de la Chaire de recherche en prévention et traitement du cancer à l’Université du Québec à Montréal.

Ce n’est toutefois pas demain qu’un nouveau médicament arrivera dans les hôpitaux. La prochaine étape de travail du groupe Leucégène est de tester l’impact de différentes molécules sur les cellules souches cancéreuses. Les chercheurs utiliseront 400 échantillons provenant de patients ayant eu un cancer du sang.

« Entre cette nouvelle étape et la création d’un nouveau médicament, il peut facilement se passer une dizaine d’années », indique M. Lemieux.

Le projet de recherche du groupe Leucégène a débuté vers 2008 et l’étude a été publiée dans la revue Nature Methods le 23 février dernier. La première auteure de l’étude est Caroline Pabst, stagiaire postdoctorale à l’IRIC.

La leucémie est un cancer qui prend forme dans les cellules souches du sang qui se trouvent dans la moelle osseuse, matière molle et spongieuse que l’on trouve au centre de la majorité des os. La maladie se développe lorsque ces cellules souches fabriquent des cellules sanguines anormales.

La Société canadienne du cancer estime que 5800 Canadiens recevront un diagnostic de leucémie en 2013, et que 2600 en mourront. « À peine 20 % des gens survivent de la leucémie, déplore Sébastien Lemieux. C’est pour cela qu’on tient à faire des recherches sur la maladie ».

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